L’EMC, oui mais pourquoi ?

Depuis la publication des nouveaux programmes en 2015 faisant suite aux attentats de janvier, l’Enseignement Moral et Civique est devenu un enseignement à part entière avec un temps hebdomadaire (1h) qui lui est dédié.

« L’enseignement moral et civique a pour but de favoriser le développement d’une aptitude à vivre ensemble dans une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. » (Programmes du 21-06-2015)

Sans titre

Développer la capacité à vivre ensemble n’est pas la simple transmission d’une morale républicaine mais la volonté de permettre aux élèves – et futurs citoyens – de vivre ensemble dans le respect de règles communes. C’est une morale à la fois civique et laïque.

Être capable d’exprimer ses émotions, de les comprendre, de comprendre ce que son interlocuteur ressent, faire preuve d’empathie sont autant de compétences à développer pour permettre aux élèves de vivre ensemble. Le rôle de l’enseignant est essentiel dans cet apprentissage ; il doit permettre aux élèves d’acquérir une autonomie de jugement, de développer l’esprit critique et de leur permettre de connaître les textes de loi essentiels : Déclaration des droits de l’homme, Déclaration des droits de l’enfant, Charte de la laïcité…

Déclaration des droits de lhimme

L’exécutant face à l’esprit critique

« En l’absence de cette autonomie du jugement comme objectif pédagogique, l’action de l’enseignant serait une entreprise de moralisation visant à faire de ses élèves de bons exécutants » Claudine Leleu

Le choix du terme « enseignement » en remplacement de « éducation » n’est pas anodin. Le rôle de l’enseignant est de permettre aux élèves de développer leur esprit critique face à certaines situations, tout en mobilisant leurs savoirs législatifs et humanistes, et ainsi de clarifier les valeurs qu’ils choisissent de privilégier. Cet enseignement vise le partage des expériences communes qui mettent en scène des valeurs, des savoirs et des pratiques afin d’en éprouver le sens et la valeur pour échapper au moralisme.

Pierre Kahn précise « qu’il s’agit d’un enseignement qui part de situations d’apprentissage et vise des compétences et des connaissances (…) Enseigner des valeurs ne signifie pas forcément les transmettre de façon dogmatique ou magistrale. »

Ainsi, l’EMC ne se fait pas de manière informelle, en saupoudrant sur des situations conflictuelles des règles du vivre ensemble répétées tous les ans par des élèves qui ne les ont pas construites, et donc qui ne se les ont pas appropriées. Au contraire, cet enseignement  vise la construction de connaissances, au travers de séances hebdomadaires qui ne sauraient être détachées du vécu scolaire et citoyen des élèves.

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Un enseignement transversal

« Les connaissances et compétences à faire acquérir ne sont pas juxtaposées les unes aux autres. Elles s’intègrent dans une culture qui leur donne sens et cohérence et développe les dispositions à agir de façon morale et civique. » (Programmes du 21-06-2015)

L’Enseignement Moral et Civique n’a pas vocation à être un enseignement cloisonné. Il permet de mieux comprendre le monde dans lequel évoluent les élèves et doit être transversal afin de pouvoir parler des religions et de leurs rôles en histoire, d’expérimenter librement des théories scientifiques, de respecter les principes de l’égalité filles/garçons et d’inclure des élèves en situation de handicap en classe ou à l’école.

La transversalité peut prendre différentes formes et modalités. L’EPS, par exemple, véhicule des valeurs telles la solidarité que l’on peut retrouver dans la littérature ou en histoire.  Les entrées sont multiples et c’est la démarche que propose « EMC, partageons ! ».

Valérian FLORENTIN (@val_florentin)

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